Savoir dire non sans culpabiliser en quatre étapes simples

Vous voulez savoir dire non sans culpabiliser ? Vous voulez pouvoir exprimer votre désaccord sans blesser les autres ? Savoir dire non, tout simplement.

Le problème c’est que vous pensez qu’il faut avoir une bonne raison pour refuser. Vous pensez que si vous dites non à un ami il ne vous aimera plus. Vous pensez que tous les refus doivent être justifiés ou que les autres doivent être capable de comprendre d’eux-même que vous n’êtes pas d’accord.

Il est important de savoir dire non. Ça vous permet de poser vos limites, de vous protéger et d’empêcher les autres de profiter de vous. Savoir dire non sans culpabiliser permet indirectement de reprendre confiance en soi. Dans cet article je vais vous décrire 4 étapes pour vous permettre d’apprendre à dire non.

Exemple de refus qui ne fonctionne pas

Martine demande à son ami Gérard de lui avancer 500€ pour changer sa télé qui est en panne. Gérard ne connaît pas cette technique.

Martine : Gérard, tu peux m’avancer 500€ pour acheter une nouvelle télé ? La mienne est tombée en panne hier.

Gérard : non je ne peux pas

Martine : pourquoi ?

Gérard : j’ai prévu de partir en vacances cet été, il faut que j’économise.

Martine : mais j’en ai vraiment besoin, je te les rendrai rapidement !

Gérard : je ne sais pas…

Martine : tu les aura avant cet été, tu peux compter sur moi !

Gérard : ok…

Gérard a fini par accepter alors qu’il ne voulait pas prêter cet argent. En donnant une justification (vacances d’été), il a permis à Martine d’avoir un nouvel argument (remboursement rapide) pour insister. Voici les 4 étapes que vous devez suivre pour éviter cette situation.

Les 4 étapes pour refuser

Étape 1 : Dites non

La première étape est de dire “non”, tout simplement. Non, je ne me moque pas de vous, il faut que vous alliez droit au but. Vous disiez bien “non” quand vous aviez deux ans, non ? Alors faites la même chose.

Surtout pas de justification, de nuances, de “peut-être”, de “oui mais”, etc. Vous dites “non” directement. La plupart du temps la personne qui vous fait la demande n’insistera pas. Elle respectera votre refus.

Étape 2 : Dites non encore

Si votre interlocuteur insiste, vous allez devoir vous répéter. C’est une technique qu’on appelle technique du disque rayé. Il faut que vous insistiez vous aussi, tout en restant calme et aimable.

Attention encore une fois de ne pas vous égarer dans des justifications ou des explications. Si vous le faites vous risquez de donner des arguments à votre interlocuteur qui ne manquera pas de les utiliser pour essayer de vous prouver que vous avez toutes les raisons d’accéder à sa demande.

Étape 3 : Faites preuve d’empathie

Vous pouvez montrer à votre interlocuteur que vous le comprenez en faisant preuve d’empathie. Ça permet de rendre votre refus plus doux, plus acceptable.

Par exemple, votre collègue de travail vous demande si vous pouvez garder ses enfants samedi soir. Vous pouvez commencer par dire “Je suis vraiment désolé(e) d’apprendre que tu es embêtée avec tes enfants”. Ensuite, si vous ne voulez pas les garder (vous avez vos raisons que vous gardez pour vous), vous allez ajouter : “mais je ne veux pas les garder samedi soir”.

Étape 4 : Exprimez vos émotions

Votre interlocuteur insiste ? Vous pouvez lui dire : “ça m’ennuie que tu insiste”. Ou encore : “ça fait deux fois que je te dis non. J’aimerais que tu tienne compte de ma décision”.

En général vous ne devriez pas arriver jusqu’à cette étape. C’est vraiment pour les cas extrêmes qui insistent et qui n’ont rien à faire de ce que vous dites. Certaines personnes peuvent même se montrer agressifs.

En utilisant vos émotions négatives vous allez en quelque sorte vous protéger face à l’insistance de votre interlocuteur.

Situations délicates

Parfois vous avez plus de mal à dire non que d’autres, en particulier si c’est un ami proche qui vous fait une demande. Vous pouvez avoir peur de le perdre ou d’entrer dans un conflit que vous ne voulez pas.

Dans ce cas vous pouvez insister sur vos émotions et même lui faire comprendre que vous avez des difficultés à dire non, que ça vous gêne vraiment de devoir refuser mais que vous ne voulez pas accepter.

Par exemple : “je suis vraiment désolé de te dire non. Tu sais, j’ai des difficultés à refuser et ça me met mal à l’aise mais ça ne m’arrange pas de te prêter cet argent.”

Votre interlocuteur peut aussi faire du chantage affectif : “je croyais que je pouvais compter sur ton amitié”. Attention, il s’agit de manipulation ! Vous pouvez répondre : “tu peux compter sur mon amitié mais pour cet argent c’est non”.

Il est possible que vous acceptiez de nouveau alors que vous ne vouliez pas. Dans ce cas n’hésitez pas à revenir sur votre décision, vous en avez parfaitement le droit. Ce n’est vraiment pas facile quand on en arrive là parce que vous remettez en cause votre parole. Vous devez vous excuser et faire preuve d’empathie : “excuse-moi, j’ai dit oui trop vite. En fait je dois te dire non. Je comprends que ça te dérange et ça me gêne aussi mais finalement c’est non.” Faites attention, ici aussi vous devez éviter de vous justifier sinon ça va vite devenir compliqué.

Exemple de refus qui fonctionne

Reprenons notre exemple avec Martine et son ami Gérard. Cette fois, Gérard a suivi mes conseils 🙂

Martine : Gérard, tu peux m’avancer 500€ pour acheter une nouvelle télé ? La mienne est tombée en panne hier.

Gérard : non je ne peux pas

Martine : pourquoi ?

Gérard : je te le répète, je ne peux pas

Martine : mais j’en ai vraiment besoin, je te les rendrai rapidement !

Gérard : je comprends que tu ais besoin d’une nouvelle télé. Je suis désolé mais c’est non.

Conclusion

Vous l’avez compris, vous justifier et expliquer pourquoi vous refusez ne fonctionne pas. Vous risquez de vous mettre mal à l’aise, de dire des choses que vous ne vouliez pas et en plus vous donnez à votre interlocuteur de bonnes raisons pour insister.

Si vraiment il persiste à n’en plus finir vous pouvez aussi tout simplement mettre fin à la discussion. Vous pouvez dire par exemple : “je ne reviendrai pas sur ma décision, c’est non”. Selon la situation, vous pouvez carrément lui dire au revoir. Si c’est un vendeur à domicile, par exemple, vous lui tendez la main en lui disant “au revoir, monsieur”. Bon si il ne comprend toujours pas, claquez-lui la porte au nez, qu’on en finisse 🙂

Vous n’allez pas forcément y arriver du premier coup, les premières fois on se surprend encore à se justifier. Si vous voulez savoir dire non sans culpabiliser, n’abandonnez pas après vos premiers échecs.

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